Twitter FaceBook
Home
xfactor
sept
17
xfactor

p1050084 Nous venons de passer une semaine au Tibet, retour au camping après le confort de notre hôtel à Katmandou. Les paysages sont magnifiques, mais les nuits en altitude sont très froides.Aujourd’hui c’est notre premier bush camp à 2 800m d’altitude, en Chine-Chine (que je différencie personnellement du Tibet même si politiquement je ne devrai pas).

Après une journée passée à rouler sur une route droite plate interminable bordée de cailloux et de sable (qui me rappelle certaines journées de voiture en plein désert marocain…), il est temps de trouver notre campement. Nous sortons donc de la route en plein désert et stationnons le big orange truck à environ 1km de la route. La chaleur est de retour, tout le monde se débarrasse de ses polaires pour enfiler short et tong, et bonne nouvelle une rivière coule non loin de là – oui en plein désert ! Nous enfilons nos maillots de bain et rêvons de cette baignade après 3 jours sans douche. A notre retour l’ambiance est au top, le diner délicieux et nous admirons notre premier coucher de soleil en Chine.

Nos tentes sont montées mais les sardines vaguement plantées car le sol est rocailleux et il est impossible d’y planter quoi que ce soit. Il fait tellement beau et chaud de toutes les façons, que risquons-nous? Peut-être un peu de pluie mais rien de plus. Arthur me dit que lui craint plus le vent que la pluie mais nous ne pouvons rien faire à part caler notre tente avec les cailloux que nous trouvons. Pauline n’a pas pu monter sa tente, elle n’est pas autoportante contrairement aux nôtres, nous décidons donc de dormir toutes les 2 dans la mienne

La nuit tombe, tout le monde va se coucher, nous trainons un peu à notre habitude puis décidons d’aller dormir. A peine avons-nous fermé la porte d’entrée de ma tente MARMOT que des gouttes de pluie se mettent à tomber. Nous n’avons encore rien installé à l’intérieur contrairement à d’habitude, tapis de sol et sac de couchage sont emballés. Nous voulons commencer à nous préparer pour dormir et le vent d’un coup se met à souffler, tellement fort que Pauline et moi nous agrippons aux cotés de la tente pour éviter qu’elle ne s’affaisse trop. Notre premier réflexe : exploser de rire. Nous avons l’air vraiment ridicules, assises là à essayer de retenir une tente qui de toutes évidence va se déchirer vu la puissance du vent. Très honnêtement je pense que le vent soufflait à 80KM/H. Je me veux rassurante en pensant sérieusement que ça va passer, et à ce moment précisément j’entends mes piquets sauter, les pierres rouler, Arthur crier «Une tente s’est envolée ! » puis quelques minutes plus tard «  J’ai cassé ma tente ! » et là ce n’est plus drôle.

Pauline me rappelle que nos tongs étaient dehors, qu’elles n’y sont probablement plus. Tellement attachée à mes Havaianas que je vais porter quotidiennement les prochains mois, je tente une ouverture de la « porte », de toutes les façons le sable rentre déjà par la moustiquaire et nous sommes remplies de sable – de ce coté nous ne risquons pas grand chose de plus. J’arrive à sauver 3 chaussures mais pas la 4ème. Je referme péniblement la porte et décide que nous ne pouvons pas rester comme ça, nous nous déplaçons sur le sable en étant à l’intérieur cela devient sérieusement dangereux. Il n’y a aucun gros sac pour faire contre-poids, juste nous, nos trousses de toilette et une lampe frontale (l’objet le plus utile de ce voyage je dois l’avouer même si c’est l’objet le plus laid du monde, je vous laisse admirer les photos). Je laisse donc à Pauline le soin d’essayer de tenir la tente du mieux qu’elle peut de l’intérieur, et je me jette dehors. Je suis aussitôt fouettée par le sable, une autre bourrasque menaçante j’essaie de tenir la tente de l’extérieur pour aider Pauline et analyser la situation : il n’y a plus une tente aux alentours (contre 6 avant d’aller se coucher). Enfin avec le sable dans les yeux ma vue est approximative, heureusement je vois Lou (la tour leader) en finir avec sa tente, et me dire « Tenez bon j’arrive » car évidemment la meilleure chose à faire était de mettre la tente à plat pour réduire la prise au vent et éviter à Pauline de s’envoler. A ce moment là la tente avait déjà bouger de 3m (alors que nous étions à l’intérieur !). J’enlève la baguette centrale, nous faisons sortir Pauline et là nous couchons la tente au sol. Nous attendons une accalmie puis courrons (pieds nuds sur les cailloux, le vent et sable en plein visage bien sûr) vers le camion. Nous devrons nous arrêter 2 ou 3 fois à cause des bourrasques qui menacent de nous emporter avec la tente (même affaissée, ça fait une grande bâche) avant d’arriver devant la porte ou d’autres « survivants » (vu leurs têtes c’est le mot) nous aident à la rentrer. Je retrouve Arthur, qui me signale que le camion bouge énormément, c’est flippant. Je fouille rapidement ma tente pour récupérer mes tongs (oui j’ai les 2 !) et ressors pour aider tous les autres qui sont encore dans leurs tentes. Certains suivent les instructions à la lettre, d’autres sont paniqués, c’est le chaos. On se repère aux lampes frontales car impossible de voir quoi que ce soit. Il reste au moins une vingtaine de tentes. Par groupes de 4 nous évacuons les occupants, les gros sacs à dos, puis notre petite technique enlever les sardines et plier la tente fonctionnent bien. Quelques très grosses bourrasques nous couchent au sol mais pas de blessés déclarés. Une fois la dernière tente rentrée (avec difficulté l’occupant ne voulait pas qu’on touche à sa tente de peur de l’abimer…le matériel n’était pas vraiment la préoccupation du moment il fallait se carapater dans le camion) je découvre l’intérieur du camion : un champ de bataille. Des tentes entières sur tous les sièges, des sacs, des chaussures, tapis de sol, sac de couchage (enfin ceux qui ne se sont pas envolés), 40 personnes tassées car il n’y a quasiment plus aucun siège de libre, des visages recouverts de poussière, les yeux et dents plein de sable, des cheveux hirsutes, des visages hagards…Comme des survivants d’une catastrophe.

p1050081

Rapidement il faut s’organiser, le chauffeur pense qu’il y a trop de poids sur le dessus du camion (il ne reste quasiment pas d’affaires dans les lockers), il faut basculer le poids à l’avant faute de pouvoir ouvrir les casiers extérieurs, afin d’éviter que le camion se renverse. Tout le monde s’y met, on replie vaguement les tentes qui ne sont pas déchirés, sortons les baguettes tordues pour la plupart, replions les sacs de couchage, on essaie de faire de la place en même temps car il semble que nous allons passer la nuit là. Une fois tout cela effectué, tout le monde peut enfin s’assoir et respirer…Et CRAK une fenêtre explose propulsant des petits morceaux de verre un peu partout : heureusement pas de blessés.

Le vent tombe, et tout le monde ressort pour reprendre ses esprits et de l’air frais. Hors de question de monter un autre campement, tout le monde discute avec excitation de ce qu’il vient de se passer, ne sachant pas trop bien s’ils ont encore toutes leurs affaires (pas mal de choses se sont envolées) mais nous aurons bien le temps de voir cela plus tard. Vers 1h, tout le monde s’endort tant bien que mal droit comme des I sur les sièges du camion, avant de nous réveiller au lever du soleil.

Il n’y a plus de vent, c’est le moment de faire l’inventaire des pertes : toutes les affaires sont étalées dehors et chacun essaie de rassembler ses biens s’ils sont toujours là. Pendant ce temps une équipe se lance dans la préparation d’un petit-déjeuner, d’autres vident le camion des kilos de sable, et les derniers sont en ballades dans les alentours à la recherche d’effets personnels (ils retrouveront énormément de choses à ma grande surprise).

En tous cas la solidarité était au rendez-vous, les plus forts soutenant les plus faibles, mais quelle expérience impressionnante…Dans tous les cas, cet épisode restera à jamais graver dans les mémoires, mais j’espère ne pas croiser une autre tempête en Chine car je ne suis pas sûre que ma tente survive une 2ème fois !

Julie

xfactor
2:53
xfactor

3 Responses to “J’ai vécu une tempête de sable…en Chine”

  1. Birgit Thierry dit :

    Impressionnant !
    « Quand la Chine se réveillera, le monde tremblera « . La prophétie d’Alain Peyrefitte était-elle en train de se produire sous vos yeux ?

  2. arthur dit :

    Bravo Julie pour cet article… c’est comme si j’y étais !
    Pur ma part, je peux le dire maintenant, ça a été l’une des plus grande peur de toute ma vie. Ca pourra vous surprendre mais je vous assure qu’être dans un camion de 26 tonnes qui tangue et bouge dans tous les sens pendant une heure n’est pas vraiment rassurant.

  3. jean marc lima 2 dit :

    salut Julie , oui moi aussi j’avais l’impression d’etre dans le bus ou dans la tente (sauf que si moi j’avais ete dans la tente elle ne ce serait pas envolée !!!), encore une experience hard mais que tu purras raconter a tes amies
    bisous

Ecrire un commentaire

Subscribe RSSxfactor
 
xfactor
profile
The Magic Bus Team
Bienvenue sur le blog de Julie, Pauline et Arthur.
Nous avons choisi de partir vivre en Australie, et plutôt que d'utiliser l'avion et de rater les pays survolés, nous avons préféré partir en bus.
Vous trouverez sur ce blog les récits de nos aventures de Londres à Sydney, de nos rencontres, toutes les photos et vidéos illustrant notre périple, qui vous permettront de suivre nos péripéties.
Bonne lecture...
En savoir plus
xfactor
Designed by Sijé Design